L’innovation en réponse aux tendances

L’innovation est nécessaire pour l’évolution d’une entreprise et les tendances doivent guider ces dernières au cours de sa croissance.

L’innovation au cœur des tendances

Introduction 

Bonjour,

Je suis votre hôte, Julie Lapointe, et bienvenue au premier épisode du balado Ère d’entreprise.

L’objectif d’Ère d’entreprise c’est d’analyser l’évolution des systèmes d’affaires par rapport aux tendances passées, actuelles et futures. Ce que l’on tente de mettre en lumière c’est l’impact de ces tendances sur les évolutions du marché et sur les cycles de développement des affaires. Est-ce que les grandes révolutions commerciales et industrielles ont initié les tendances ou en ont été une réaction? 

Ère d’entreprise analysera des bouleversements du passé selon des thèmes mensuels par le biais d’un épisode par mois et d’une mini-capsule hebdomadaire qui sera disponible sur l’ensemble des plateformes web. 

Je vous invite donc à suivre mon compte LinkedIn personnel, sous l’adresse evolutionentrepreneuriale, pour avoir accès à ces capsules, et bien évidement la page web de ce balado, eredentreprise.ca. 

Aujourd’hui, on revisitera le concept d’innovation dans le cadre de l’avantage compétitif en évaluant l’impact de ce dernier sur l’économie et la société. Mais d’abord, qui sont ces individus qui innovent en tant qu’entrepreneur?

La perception de l’entrepreneur

L’entrepreneur a été largement représenté dans la vie culturelle, tant à la télévision que dans les médias. Si l’on pense à des visionnaires tels que Jobs et Bezos, ou à la perception hollywoodienne du monde des affaires, tous sont synonymes de succès, richesse et célébrité.

Mais est-ce là une bonne représentation de ce choix de carrière?

Quoiqu’il en soit, ces personnes d’exception avaient certainement des points communs qui ont fait la différence et ces derniers ont largement inspirés les scénaristes. Parmi les tentatives faites pour identifier les aptitudes du futur entrepreneur. L’étude menée en 2015 par les chercheurs Loué et Baronet, les a présentés sous huit axes.

Alors que plusieurs peuvent être maîtrisé par une formation, tel que la comptabilité, plusieurs font référence à des compétences davantage innées, tels que : sentir le marché pour détecter et exploiter des opportunités et faire preuve d’intuition. Ce sont ces dernières qui sont mises de l’avant dans les récits de succès qui sont portés à l’écran. Mais ces compétences, ou l’importance accordée à chacune d’elles, évoluent-elles en même temps que l’entreprise? 

Entre le démarrage et la croissance, deux éléments demeurent toutefois essentiels : le leadership et l’innovation.

Mais qui dit innovation parle aussi d’insécurité. Un des grands défis est donc d’avoir assez confiance en une vision pour persévérer, mais aussi de reconnaître que cette dernière a atteint sa limite. Et elle n’est pas nécessairement celle que l’on avait imaginée. 

Les caractéristiques de l’entrepreneur

Dans l’ensemble des 44 aptitudes citées comme étant avantageuses pour l’entrepreneur en devenir, les plus importantes concernent le management et les ressources humaines. C’est donc dire que le cœur d’une entreprise passe graduellement du fondateur à son équipe, d’où l’importance du leadership.

Quoiqu’il en soit, l’entrepreneur, qui est souvent hyperperformant, se retrouve au centre d’une organisation et doit décider comment il désire approcher cette responsabilité. Veut-il régner en maître ou gérer un organisme autonome? L’organigramme classique, tel que l’on connaît, vertical avec ses flèches, est certainement le plus connu et est encore largement utilisé.

Il pourrait toutefois être remis en question avec l’avènement du télétravail et de l’accessibilité à l’éducation. Les travailleurs sont aujourd’hui davantage équipés pour faire face au milieu du travail et sont plus indépendants. La qualité de vie professionnelle est maintenant une tendance.

Les tendances dans le milieu de travail

D’autres modèles, que celui la hiérarchie verticale, doivent être envisagés.  Ces derniers, plus flexibles, permettent de mieux distribuer la prise de décision en impliquant les bonnes expertises sans égard au niveau décisionnel. Ce type d’engagement dans l’ensemble de l’entreprise permet d’orienter ses décisions selon la forêt, et non l’arbre, en impliquant les équipes spécialisées pertinentes. Bref, c’est l’abolition des silos, version 2.0.

Ma meilleure analogie en organisation du travail est celle d’un orchestre symphonique. Chaque groupe musical est le meilleur pour jouer de son instrument. Ils sont guidés par le chef d’orchestre. Ce dernier connaît les bases de chaque groupe, mais n’est certainement pas à leur niveau d’expertise. Son rôle est de guider chacun des groupes pour en faire une harmonie afin de livrer la meilleure interprétation possible. Par contre, il gagnera toujours à laisser le musicien maître de son instrument.

Une chose est certaine, dans la vie comme au hockey, la réussite d’une entreprise se mesure souvent à son meneur.

Au fur et à mesure des nouvelles générations, la gestion et le plan de mise en marché doit s’adapter et évoluer. La mission de l’entreprise doit donc suivre cette tendance. Elle doit être assez large pour permettre l’innovation mais assez précise pour toujours être en mesure de guider les grandes décisions.

Un des beaux succès en matière d’évolution est certainement La maison Simons. Fondé en 1840 et qui est toujours une entreprise familiale. C’est d’autant plus remarquable par son domaine d’affaires qui a été touché par plusieurs transitions au cours de ces années. 

Simons

LE LEITMOTIV DE LA MAISON SIMONS EST DE PROPOSER UNE EXPÉRIENCE DE MAGASINAGE UNIQUE DANS UN CONCEPT ARCHITECTURAL QUI INTÈGRE MODE ET ART TOUT EN ÉVOQUANT LA CULTURE DES COMMUNAUTÉS LOCALES. Cette déclaration est un exemple de flexibilité tout en offrant une ligne directrice par rapport au développement de l’entreprise.

Pour être en mesure de passer les décennies, une entreprise doit évoluer mais cela implique souvent d’être en mesure de passer à autre chose et de ne pas s’acharner sur une bonne idée. Le meilleur parallèle est certainement le catalogue Sears ou Eaton. Il fût déterminant dans leur succès mais aurait dû être à l’origine d’une innovation menant vers une prochaine étape.

On se souvient certainement de Distribution aux consommateurs, qui est un ancêtre d’Amazon par rapport au concept, mais a maintenu son modèle d’affaires, sans modification, jusqu’à la fin de ses activités en 1996.  Il a été un des premiers à instaurer l’inventaire en temps réel, ce qui adressait un problème de non-disponibilité, mais n’a pas fait évoluer le service offert.  

L’innovation est un concept éphémère

Ces innovations sont importantes pour l’économie et l’évolution des marchés. Le manque de vision de ces trois entreprises, ont amené à des milliers de pertes d’emplois et une refonte du modèle d’affaires des grandes surfaces. La fin de ce dernier a été concordante avec l’arrivée de Wal Mart. 

Plusieurs centres commerciaux en ont été victime et disposent encore des espaces vacants. C’est maintenant leur tour de se renouveler. On voit aujourd’hui un retour des marchés alimentaires dans ces milieux, alors qu’ils les avaient quittés dans les années 90.

Aujourd’hui, ce sont ceux que l’on connaît comme les géants du web et qui ont orienté leurs efforts vers l’innovation technologique qui ont pris la place laissée par les catalogues. Ils ont vu l’internet n’ont pas comme une évolution marginale mais comme la prochaine tendance du commerce au détail. Ils ont su identifier une opportunité. Conséquence, on est maintenant en pénurie d’espace d’entreposage. 

En 1934, Steinberg fût le premier marché libre-service au Québec, Bombardier a inventé la motoneige en 1958 et Molson, le camion de livraison motorisé en 1910, en remplacement des chevaux. Molson est d’ailleurs un pionnier dans l’évolution de procédés industriels.

Les innovations donnent naissance à des marques, mais peu deviennent emblématiques. Ces dernières, font partie d’une minorité d’entreprise reconnaissable par une majorité de Québécois. Cela prend en moyenne 85 ans à une marque pour atteindre ce niveau de reconnaissance, et malgré cela, plusieurs viviront une crise autour de leur centenaire. Que l’on pense à Reithmans, Eaton, Sears, JC Penney, Hertz, pour ne nommer que ceux-là.

Que peut-on déduire de cet état de fait? Alors que leur innovation les avait placés en tête de leur marché, leur confort relatif les a-t-ils rattrapés? Le défi réside-t-il a survivre à son innovation initiale en plus d’être en mesure de se continuellement se renouveler?

L’innovation est étroitement liée aux tendances. 

Et si ces denières étaient en fait une variation sur celles du passé?

Les innovations du passé

Prenons exemples sur les marchés d’alimentation. Avant 1934, le magasin général servait les clients individuellement, selon une liste remise au magasinier. Avec la venue de Steinberg, l’épicerie libre-service a vu le jour et par la suite, on a vu s’étendre les heures d’ouvertures jusqu’à 24h, 7 jours sur 7. 

Le balancier n’est-il pas de retour vers l’individualité du client par le service en ligne? Nous remettons maintenant notre liste au magasinier par un biais électronique, mais le principe est de retour à celui qui pronaît dans le marché au début des années 1900. Avec ce service, la nécessité des heures d’ouverture allongées deviendra vite vétuste. 

L’avènement des grandes surfaces, apparues dans le milieu des années 1800, se voulait un endroit où tout était sous le même toit afin de limiter les déplacements. Aujourd’hui, on voit une tendance vers le retour aux produits locaux et les déplacements sont devenus un nouveau marché avec des plateformes comme Uber et des organisations comme Communauto. 

Les moyens changent et évoluent selon l’avancement de la technologie, mais les besoins demeurent les mêmes et si on chasse le naturel, il voudra certainement revenir au galop. La pandémie est un élément perturbateur de ce cycle mais le rythme reprendra lors du retour à la normal. 

Si on compare chaque tendance à une balance, il suffit donc d’évaluer les deux extrêmes et où on se trouve actuellement. En y appliquant les nouveaux développements technologiques, on a de forte chance d’être en mesure d’identifer une future tendance. Les besoins à combler restent les mêmes mais le moyen d’y parvenir est de plus en plus efficace. 

Ainsi, alors que l’évolution générale de la société a priorisé l’autonomie, l’heure est maintenant au regroupement.

Les innovations reconnues 

Les médias sociaux et les plateformes collaboratives de type Uber ont encouragé cette tendance. Accélérée par la pandémie, cette dernière est semblable à celle initialement amenée par les centres d’achats, c’est-à-dire le regroupement d’entreprises de même type pour attirer davantage de clientèle. Quand on y pense, le Vieux-Montréal ou le Vieux-Québec ne serait pas aussi intéressant avec un seul restaurant. On a donc aujourd’hui des quartiers technologiques, de spectacles, industriels et biotechnologiques.

La collaboration est à l’origine des centres-villes, de quartiers et même des ères industrielles et par le biais de l’innovation en réponse à des tendances. L’objectif de la collaboration est aussi beaucoup plus large que le transport, mais regroupe tout ce qui concerne la facilité d’accès aux services. C’est en exploitant cette faille, dans l’industrie du taxi, qu’Uber a fait son entré dans ce marché et par la suite a innové par la livraison alimentaire. 

En fait, Uber et son service Uber Eats a réussi l’exploit d’innover dans l’univers B2B et B2C simultanément. Ils ont maintenant créé un précédent par rapport à la localisation et la précision des livraisons. Le fameux dans la journée entre 8h et 20h n’est aujourd’hui plus acceptable, dans aucune industrie. 

En 1951, St-Hubert a innové en créant la livraison à domicile. Ce service a positionné l’entreprise en tant que meneur et incontournable du marché. Au cours des 70 années qui ont suivi, la livraison est devenue une norme auprès des grandes bannières, seules pour qui l’investissement en valait la peine. Aujourd’hui, la nouvelle vague de livraison est secouée par la technologie et l’investissement n’est plus nécessaire. Le service est démocratisé et St-Hubert n’est plus en tête de peloton. Son avantage compétitif est disparu et il devra se repositionner afin d’aligner sa marque sur une nouvelle innovation. 

L’innovation a la caractéristique de créer de nouveaux types d’emplois et d’en faire disparaître d’autres, souvent moins spécialisés. Le besoin de la refonte des organigrammes devra réfléter cette restructuration des ressources humaines afin de répondre aux besoins différents de cette main-d’œuvre. 

Conclusion

Pour aller un peu plus loin dans les sujets abordés aujourd’hui, n’oubliez pas de prendre connaissance de nos capsules hebdomadaires, qui seront diffusés les mercredis sur l’ensemble des plateformes numériques, LinkedIn, Twitter et Facebook d’Unicorne et d’Ère d’Entreprise en plus de ma page personnelle LinkedIn à l’adresse évolutionentrepreneuriale.

Les sujets abordés dans les trois prochaines semaines seront une analyse plus détaillée des compétences attendues d’un entrepreneur, la refonte de l’organigramme opérationnel et finalement, le 23 juin, les grandes innovations québécoises.

Le mois prochain, la thématique sera celle de la relance de Montréal en post-covid, comment rétablir son positionnement de ville internationale mais aussi l’importance des régions dans la perception du Québec touristique.

Merci d’avoir partagé ces moments avec moi. Je vous rappelle nos adresses :èredentreprise.ca et unicorne.ca. On se revoit le dernier vendredi de juin, soit le 25 juin prochain.

Références

La représentation entrepreunerial
https://www.cairn.info/revue-projectique-2020-1-page-67.html

Trucs et ressources pour entrepreneurs sur le fil
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2019-11-23/la-face-cachee-de-l-entrepreneuriat-seuls-au-combat
https://www.lapresse.ca/affaires/2019-11-18/la-face-cachee-de-l-entrepreneuriat-audacieux-visionnaires-et-tourmentes

Les 30 détaillants québécois les plus anciens – 2012
https://www.lesaffaires.com/archives/generale/les-30-detaillants-quebecois-les-plus-anciens/550421

Les entreprises de demain
https://lactualite.com/lactualite-affaires/decollage-reussi/

Futur de la technologie en entreprise
https://lactualite.com/lactualite-affaires/decollage-reussi/

Publicité St-Hubert

Loué, C. & Baronet, J. (2011). Quelles compétences pour l’entrepreneur ? Une étude de terrain pour élaborer un référentiel. Entreprendre & Innover, 1(1-2), 50-58.
https://doi.org/10.3917/entin.009.0050

Historique des commandes par catalogue
https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-postal-philatelie/catalogues-vente-correspondance/Pages/catalogues-histoire.as