La piscine municipale incorporée

Le tourisme et le sport

Depuis quelques années, la tendance est à la qualité de vie. L’ensemble des éléments qui la compose est au cœur des motivations de l’individu moderne qui désire y adhérer dans les différentes sphères de son quotidien. L’alimentation, les loisirs, le voyage et le sport sont donc influencés par la volonté de choisir la meilleure option, celle qui offrira une plus-value pour améliorer son bien-être.

L’administration publique a entendu cet appel de la population et y répond. Il planifie les rénovations d’installations sportives existantes et en annonçant la construction de nouvelles. Alors que plusieurs régions étaient des déserts sportifs, aujourd’hui, le citoyen veut un endroit accueillant et accessible pour pratiquer une activité physique.

Ces installations ont toutefois un prix et ce dernier ne cesse d’augmenter non seulement d’année en année, mais aussi à l’intérieur même de l’échéancier d’un projet. Les mérites du projet sont annoncés dans une campagne de relations publiques bien structurée. Quand est-il des budgets d’opérations et des objectifs de rentabilité?

On entend largement parler de subventions des différents paliers de gouvernement. Ces dernières peuvent atteindre une bonne partie de la valeur du projet. Toutefois, la majorité de ce dernier sera assumé par la municipalité au moyen d’une dette. Celle-ci sera finalement payable par les citoyens sur plusieurs générations. Dans ces conditions, ne serait-il pas normal de présenter, en plus des attributs uniques du projet, son profil financier?

Ce type de projet est perçu comme une dépense annuelle. L’ensemble des gouvernements et les citoyens ne recherchent aucun rendement bien que l’installation soit présentée comme un investissement. Celui-ci est donc uniquement représenté par l’accès à un service supplémentaire.

Pourquoi, dans le cadre de ces projets, a-t-on accepté le fait qu’ils doivent être déficitaires?

Qu’en est-il des plans de mise en marché? De développement de marchés?

Le tourisme

Parallèlement à ce domaine d’activité, nous avons celui du tourisme. Ce dernier, pour lequel le retour à la normale est projeté pour 2023, voit sa clientèle sportive en pleine expansion. Les visiteurs veulent conserver leurs bonnes habitudes de vie lors de leurs déplacements, mais aussi y inclure de nouvelles expériences sportives. Deux volets doivent être considérés, soit celui de l’évènement sportif et celui du tourisme sportif.

Cette niche touristique a fait l’objet de plusieurs études dans différentes municipalités pour en planifier l’implantation au cours des 25 prochaines années. Dans ce contexte, certaines municipalités feront des ententes avec plusieurs associations sportives et tenteront d’obtenir la tenue de différentes compétitions. Par contre, plusieurs facteurs influencent l’obtention de ces engagements et ils seront souvent insuffisants, à eux seuls, pour assurer l’autonomie financière à long terme, une installation sportive ayant une durée de vie d’environ 20 ans.

Dans ce contexte, le domaine sportif doit dépasser ces ententes traditionnelles et travailler de concert avec les acteurs du domaine touristique pour développer le deuxième volet décrit plus haut, soit le tourisme sportif. L’objectif doit donc être l’amélioration de l’expérience-client des visiteurs.

Un parallèle entrepreneurial

Toute entreprise qui démarre visera plusieurs marchés et tentera de diversifier sa clientèle afin de minimiser les risques. Surtout, elle aura un plan de contingences afin de prévoir le pire des scénarios et la stratégie à appliquer en cas d’échec de son plan A. C’est avec ces prévisions de toute sorte que l’entreprise tentera de lever un financement. Ces plans sont d’autant plus importants dans l’événementiel, où la compétition est forte en plus d’être souvent à recommencer chaque édition. 

La question est donc de savoir si ce type de plan existe pour ces installations publiques? Existe-t-il un scénario dans l’éventualité où les choses se déroulent autrement que celui espéré par les promoteurs? Prenons l’exemple du centre Vidéotron. Ce projet de 400 M$ a été pensé, construit et promu auprès de la population dans le contexte de l’arrivée d’une équipe professionnelle de hockey. Aujourd’hui, les spectacles seuls ne suffisent pas à rentabiliser le projet et il est peu probable de voir une équipe s’ét

ablir dans la vieille capitale dans un avenir proche. L’amphithéâtre vieilli et ne sera plus conforme aux prochaines normes de la Ligue Nationale de hockey. Quel est son plan B? À l’heure actuelle, il s’agit davantage de combler le déficit par les fonds publics de la Ville de Québec. Montréal aussi a ses défis avec certaines installations, nous n’avons qu’à penser au Stade Olympique.

Dans une période où les investissements dans ce type d’infrastructure est en croissance, nous entrons certainement dans une période de remise en question afin de s’assurer la viabilité des développements collectifs.