Ode au leadership

Ode au leadership

Le leadership est un domaine avec plusieurs théories, mais est-il d’abord et avant tout une question d’aptitude?

Les meilleurs leaders, proviennent-ils nécessairement des meilleures écoles?
Est-ce qu’être un bon gestionnaire inclut nécessairement être un bon leader?
La gestion est-elle un domaine qui peut davantage s’apprendre que le leadership?

Si oui, cela explique peut-être pourquoi plusieurs grandes entreprises ont été fondées par des entrepreneurs qui avaient un minimum d’éducation. Ils avaient les aptitudes d’un leader exceptionnel, mais ont appris la gestion par l’expérience.

Ces questions n’ont pas de réponse exacte. Loué et Baronnet ont déjà tenté de modéliser le profil de l’entrepreneur parfait. Le résultat a souligné le leadership comme étant l’enjeu d’importance dans la réussite en affaires. On revient donc à la question de base, qu’est-ce que le leadership?

Si on fait un inventaire des opinions, dont celles souvent publiées sur LinkedIn, le leadership est synonyme d’empathie. Mais en fait, le sujet est plus complexe qu’une simple aptitude à détenir. L’empathie est importante, mais le fait d’être en mesure d’amener une équipe vers une destination commune, demande un niveau supérieur.

L’écoute au service au leadership

Le leadership a pour point de départ l’écoute. Comme dans toutes les relations humaines, être attentif à la situation des autres leur démontre votre intérêt, et en échange, ils vous porteront attention. Toutefois, un autre facteur est tout aussi important: l’authenticité. L’empathie simulée est l’un des pires réflexes à avoir et il est impossible de la maintenir à long terme. Faire semblant de porter attention est un manque d’authenticité qui est facilement repérable. À l’opposé, être soi-même semble est relativement facile, mais la réalité est tout autre. Cela implique d’être prêt à afficher ses forces comme ses faiblesses et à assumer ses vulnérabilités. Bref, détruire l’image du patron parfait, fort et certain de ses décisions en tout temps.

Vient donc une autre qualité importante : l’humilité. Savoir accepter sa vulnérabilité et l’assumer. C’est donc de répondre : je ne sais pas, et de se remettre en question. Cela implique donc de prendre une décision et de changer d’idée lorsque cela est nécessaire. L’état d’esprit doit être ouvert à l’inconnu, aux nouvelles idées et de façons de faire. Au final, c’est de renoncer au mythe de la nécessité d’avoir toujours raison et détenir la réponse parfaite, ce qui nous amène à faire confiance à une autre vision que la nôtre.

Une fois ces bases établies, le réel défi est d’être dans la capacité d’amener une équipe à se diriger vers l’objectif, qui lui aussi sera variable dans le temps. C’est donc de mener une troupe vers l’inconnu de façon cohérente et de s’assurer de leur enthousiasme dans cette quête. Pour réussir ce tour de force, une seule caractéristique est nécessaire, la confiance. C’est elle qui les amènera à vous suivre, changer de direction et reculer, selon votre guidance.

La confiance

En résumé, on parle donc d’empathie, d’authenticité et d’humilité. Jumelés, ils doivent générer une confiance suffisamment forte pour les motiver à conserver votre cap. Bâtir cette dernière est un processus long, graduel et qui ne peut pas être précipité.

La meilleure façon de générer cette confiance est certainement de défendre votre équipe, peu importe les circonstances. C’est de traiter les collègues avec respect, leur parler des vrais choses, même si cela est difficile, et finalement d’entendre leur point de vue. La reconnaissance de leur situation et le sentiment d’être protégé sont les fondements de toutes les relations humaines.

Humanité

Être leader est donc être humain.

Dans cet ordre d’idée, être humain est un concept qui s’apprend tout au long d’une vie. Je suis certainement une meilleure leader aujourd’hui que dans ma jeune vingtaine. Des concepts théoriques pourront certainement améliorer mes techniques d’animation de rencontre, de gestion de conflits ou de technique de présentation. Toutefois, sans un cheminement personnel, être un bon leader est très difficile. D’abord et avant tout parce que les aptitudes présentées ci-haut doivent être mesurées et maîtrisées. Avoir un esprit ouvert est une chose, mais au final, une décision doit être prise et un chemin sélectionné. On peut être empathique, mais ne pas fondre en larmes avec notre collègue, car sa situation nous rappelle la nôtre. On doit donc être proche, tout en maintenant notre objectivité. Ce contrôle des émotions s’apprend au fur et à mesure de notre vie, il s’agit d’une évolution personnelle.

Vous me demandez si le leadership s’apprend. La réponse est oui, mais tout au long de notre vie.

Pour en savoir plus

Voyez l’épisode La gestion interne et le leadership du balado Ère d’entreprise, en ligne vendredi