Être agile en temps de crise

L’agilité en temps de crise

La pandémie a mis en avant la nécessité d’une entreprise à être agile. Toutefois, cette caractéristique essentielle à l’évolution entrepreneuriale est présente depuis bien longtemps. Comment faire lorsque les pressions externes sont si fortes que le besoin de se réinventer devient urgent et inévitable ?

Un plan agile

Souvent, en début d’année, un plan stratégique est établi. Ce dernier est une ligne directrice qui est souvent oubliée en temps d’urgence. Cependant, c’est dans ces périodes troubles que ce plan devrait être dépoussiéré et révisé par le dirigeant. Rédigé généralement en période calme qui permettait la réflexion, il doit servir de guide quand vient le temps de tout remettre en question. Ce n’est donc pas seulement la direction d’une entreprise qui doit être agile, mais aussi son plan stratégique. 

Un plan rigide ne répond donc pas à ces critères et ce dernier se doit d’être proportionnel à l’entreprise. Souvent, une solo-entreprise peut être en mesure de le faire tenir sur une seule page.

Nos réactions en temps d’urgence doivent donc faire de même, soit garder notre concentration vers la destination et non le trajet. 

Un instinct pas toujours agile

Nos instincts nous pousseront forcément vers les solutions faciles, accessibles et qui donnent une solution immédiate à nos problèmes. Alors que l’on parle souvent de suivre notre instinct en affaires, ce dernier peut aussi être une menace en cas d’imprévus, puisqu’il prend essentiellement naissance dans nos émotions. Ces dernières peuvent être très trompeuses en cas de quasi-panique. D’où l’importance de se retourner vers le plan stratégique, lorsque ces émotions étaient maîtrisées.

Tout comme quand l’on conduit une voiture, on doit toujours fixer le regard vers où l’on veut aller, et non vers l’endroit où la voiture veut nous diriger. Notre réflexion doit donc se porter vers ce que l’on attend de notre entreprise, notre vision. C’est généralement le moment où la réalité nous rattrape. Sauver une entreprise du naufrage peut être satisfaisant, mais si ce qu’il en reste ne répond plus à nos attentes, cela en valait-il la peine ?

Des situations au cas par cas

Dans certains cas, ce changement de cap obligé peut donner naissance à des innovations extraordinaires. Toutefois, même dans le meilleur des scénarios, cette nouvelle entreprise peut très bien fonctionner, mais portera le poids de cette réorientation pendant plusieurs années. Ainsi, nous avons vu que plusieurs entreprises se sont lourdement endettées pour survivre à la pandémie, le poids de cette nouvelle dette devra être porté pour plusieurs années. Quelles seront les actions à porter pour être en mesure de s’adapter à cette nouvelle réalité économique ? La tolérance à cette situation variera d’un entrepreneur à l’autre et du plan stratégique. Un dirigeant d’entreprise à la fin de sa carrière percevra la situation bien différemment de celui qui la débute. Celui qui avait un plan d’expansion se situera aussi selon une autre perspective que celui qui voulait exploiter un seul emplacement. C’est ce que représente la destination, ce que nous devons retrouver dans le plan stratégique. 

C’est à ce moment que nous devons être agiles, soit de redéfinir notre trajectoire selon les circonstances. Cela est aussi valable pour les méthodes, l’échéancier et les moyens utilisés. L’agilité doit donc être sur les moyens, et non le résultat.

La différence est fondamentale, car de cela résulteront nos actions et nos décisions. Si nous ne voyons plus comment atteindre nos résultats, cela peut signifier la nécessité d’envisager l’option de lâcher-prise. En revanche, si notre vision peut encore être respectée, une stratégie doit être développée selon les nouvelles circonstances. L’une ou l’autre de ces décisions demande du courage et de la résilience. Elle ne signifie pas abandonner, mais est un signe de respect de notre volonté et notre bien-être. 

L’entrepreneur au centre des décisions

Nous entendons souvent parler de la santé mentale des entrepreneurs. Sans vouloir généraliser, cette intersection dans la vie d’une entreprise est fort probablement responsable de la détresse de plusieurs dirigeants. Il n’est pas simple de lâcher prise quand tant de temps et d’efforts ont été investis. La ligne entre détermination et acharnement est floue et difficile à respecter.

Le changement peut être révélateur du très bon comme du mauvais. Quoiqu’il en soit, l’important est de toujours revenir sur la mission de son entreprise, sa raison d’existence. C’est cette dernière qui doit être relayée aux employés pour les motiver dans l’implantation des changements.